HYPOKHAGNE ANNEE 2008 – 2009

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HYPOKHAGNE ANNEE 2008 – 2009


PETIT JOURNAL DE MES SOIREES PLATON-IQUES
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# Posté le dimanche 11 janvier 2009 15:14

Modifié le lundi 19 janvier 2009 15:20

CHAPITRE I – PREPA-CIFISTES / Samedi 30 Août 2008

CHAPITRE I – PREPA-CIFISTES / Samedi 30 Août 2008
CHAPITRE I – PREPA-CIFISTES


Samedi 30 Août 2008



Déménagement coriace mes amis. Quatre étages sans ascenseur et des tas, et des tas de cartons. Ça n'en finissait plus, les fringues, les bouquins, c'est imposant tout ce foutoir. Puis, il a fallut trouer les murs, monter les meubles. C'est très fiers que nous avons achevé de monter mon si petit bureau qui nous a pris tellement de temps. Mon père et ma mère à la tâche, clouant les planches du clic clac entre elles, c'était un peu le T2 de Bob le Bricoleur. Et ce sera certainement la dernière fois en un ou deux ans que je tiendrai une boîte à outil dans mes mains. Je sais à peine me servir d'un marteau quant à la perceuse je me vois bien creuser un tunnel jusque chez mes nouveaux voisins (ceci dit sûrement ravis de me rencontrer, mais peut être davantage si je faisais ma première intrusion par la porte d'entrée). Ne pensez pas que je milite en faveur du concept des hommes au bricolage, des femmes à la cuisine. Je ne sais pas non plus cuisiner.


Une fois le mobilier sur pied nous sommes allés nous rassasier et puis, les au revoirs, les embrassades, les « A Bientôt » au petit frère et aux parents.


Ah la grande vie. L'autonomie. Autonomie ? Niet. En prépa, ils rémunèrent en neurones, monnaie qui ne vaut plus grand chose, et ce encore moins à Monoprix. Mes parents me subventionnent, dans l'espoir qu'un jour on paye mes idées. Employer le mot « autonomie » quand mes petits pois ont le goût du chèque que mes parents ont laissé en partant est peut être mal choisi. M'enfin. Ils ne sont plus là, juste à côté, Ils sont dans mon c½ur et mon compte en banque, alors forcément, on se sent quand même (un peu) grands.
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# Posté le dimanche 11 janvier 2009 15:21

Modifié le lundi 19 janvier 2009 15:21

Lundi 1er Septembre 2008

Lundi 1er Septembre 2008
Lundi 1er Septembre 2008


Veille de la rentrée. Dois je vous faire part de la joie qui me submerge ? J'ai envie de m'y rendre comme envie de me pendre. Jeanne, ma colocataire/meilleure amie et moi même rentrons toutes deux en Hypokhâgne. C'est joli n'est-ce pas, comme nom ? Et croyez moi je fus ô combien contente de décorer la paperasse de cette appellation, non seulement parce que j'ai l'impression d'être intelligente, mais également parce que de savoir l'orthographier correctement vous donne la sensation d'accéder à un pouvoir que peu du commun des mortels possède... Pouvoir dont l'efficacité semble s'effacer dès réception des listes des lectures estivales obligatoires.


En cette veille de rentrée, que de doutes m'obsèdent. Comment m'habiller demain ? Quelqu'un aura-t-il vraiment lu Critique de la raison pure ? Et si oui aura-t-il saisit quoi que ce soit ne serait-ce qu'à la préface ? Vais je me distinguer par mon absence d'acné ? Dois je revêtir une cagoule pour pallier à ce manque et pouvoir m'intégrer ?


Mais n'écoutant que mon courage, je me couche sans apporter de réponses à mes interrogations si existentielles soient elles.
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# Posté le dimanche 11 janvier 2009 15:39

Modifié le lundi 19 janvier 2009 15:17

Mardi 2 Septembre 2008

Mardi 2 Septembre 2008
Mardi 2 Septembre 2008


Je suis vivante. C'est le constat qui prime le plus au jour d'aujourd'hui. Vivante et croyez le ou non mais... Pas une égratignure, pas une blessure. Si vous étiez prêts à tout avaler je vous dirais même qu'ils ont l'air gentil, mais je comprends, tout ça d'un coup, c'est un peu dur à digérer, j'en reste moi même sur mes gardes.
En vain j'ai cherché un type méchant qui me sommerait de retourner d'où je viens avec ma mention seulement bien. Rien. Ils sont tous effrayés et souriant, d'où la raison de ma méfiance, où sont les détracteurs, ceux qui sont sensés arracher les pages intéressantes de mes bouquins ? Aucun n'a le profil, m'aurait on menti ? Je n'abandonne pas mes recherches, on n'a pu me leurrer à ce point.


Quant aux professeurs, ma foi, rien de bien cruel non plus concernant ceux qui se sont présentés à nous, ils sont même plutôt accueillant, rassurant. Est-ce une apparence pour mieux creuser la plaie les jours suivant ? Est-ce la première étape d'une stratégie bien étudiée ?


Le cours d'histoire cependant, fut d'une rapidité sans égale, même à Lakanal où je finissais les doigts engourdis, j'arrivais au moins à noter quelques bribes de phrases. Celles que j'ai réussi à noter ici n'ont ni verbe, ni sujet, ni complément. Que faire avec des morceaux bisyllabiques (tout au mieux) tels que « Russie », « Lénine », « URSS », « 1917 », j'ai bien essayé de reconstituer une phrase mais je dois avouer que « Lénine vécut en Russie parfois appelée URSS, pas en 1917 mais ça, ça fait rien. » manque quelque peu de cohérence.


Quant à notre prof de français enceinte, désireuse de nous connaître avant d'arriver, nous a commandé un poème à chacun pour demain même.
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# Posté le dimanche 11 janvier 2009 15:43

Modifié le lundi 19 janvier 2009 15:17

Mercredi 3 Septembre 2008

Mercredi 3 Septembre 2008
Mercredi 3 Septembre 2008


Le poème c'était pour le bizutage. Les khâgneux sont entrés très fiers de leur plaisanterie, ramasser nos ½uvres en souriant, laissant derrière eux quarante huit visages effarés... On devait les retrouver dans l'après midi pour parler de « choses plus sérieuses ».

L'après midi venant, présents au rendez vous, l'un de nos tortionnaires s'est levé et a demandé qui donc étaient K. et R. J'ai levé la main sans trop savoir si c'était chose à faire, et sans trop savoir surtout ce qu'ils allaient faire de moi –et de ma carcasse après m'avoir dépecée. Je me suis avancée d'un pas peu tranquille vers le bureau, j'avais mes bottes Walker Texas Ranger ce jour là, je faisais autant de bruit qu'une horde de trolls. Là, ils m'ont fait lire mon poème devant l'auditoire de quarante personnes, je me suis exécutée, craignant quelque représailles. Mon médiocre poème m'a forgé une réputation, il faut l'avouer.


Le 30 Mars à minuit, ma vie était finie, j'ai cessé d'être en bouclant mon dossier
J'aurais pu faire fac comme tout l'monde, j'ai préféré une hypokhâgne
Adieu surfers, champagne e Beigbeder, Bonjour Flaubert, boutons et cols roulés
Est-ce le fruit du hasard si cette appellation étrange trouve son écho dans « bagne » ?

L'élite de la nation a le total look plouc on ne peut tout avoir et ce qu'ils ont ils l'ont dans le
Citron
Qui sont ces spécimen qui préfèrent « il m'est impossible » à « non moi j'peux pas » ?
O êtres mystérieux qui m'amènent à me demander comment en suis je arrivée là
Le prof d'histoire papote Marxisme, moi c'que j'connais des Russes c'est la roulette et la
Vodka, à chacun ses passions

Notez qu'il y en a qui aiment ça m'enfin même Sartre en a fait une Nausée
Dieu soit loué quand mes aphorismes seront publiés chez Pléiade, tout ça ne sera qu'rigolade

Si déjà Mardi à Minuit je commence à faire de l'esprit, pire, à composer un poème
Je n'ai qu'à boire pour oublier, (remarquez y en a que l'absinthe a rendu génie)
Histoire que par bonté, par altruisme, je n'coûte pas cher en chrysanthèmes.



Si j'avais su, j'aurais revêtu un accoutrement adaptée, histoire de ressembler à quelque chose.
C'est le sang perçant la blancheur de mes joues que je suis retournée à ma place. Ils nous ont finalement annoncé que le cours d'histoire était en fait un bizutage, que de soupirs de soulagement parmi les hypokhâgneux...
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# Posté le dimanche 11 janvier 2009 15:52

Modifié le lundi 19 janvier 2009 15:23